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Hymne à Muriel Cerf

Format : 14.8 x 21
Nombre de pages : 160
ISBN/EAN : 978-2-37355-612-4


16 euros


Marie BAL

Muriel a toujours entretenu une relation difficile avec sa mère. Elle l’enjoint d’écouter, et comme si elle craignait de devoir la convaincre pour ce faire, elle ajoute en soulignant « parce que », que « la beauté et la force existent », souligne encore le mot « sublimes » plus loin, comme pour lui expliquer que c’est le sublime qui fait tout ça être beau et fort, avant de revenir sur les « cheveux blancs » qu’elle associe à l’accouchement de son nouveau roman. Or Muriel, fille unique, a su de la bouche de sa mère que cette dernière avait accouché sous anesthésie générale de peur de sentir la douleur. Le titre, La Nativité à l’étoile, en dit long. Muriel n’accouchait pas sans douleur de ses enfants, ses livres, car le sublime, aussi beau et fort qu’il soit, n’est pas un accouchement sans douleur.
Muriel, en accompagnant Raphaël dans sa souffrance intérieure, souffre avec lui. Elle se demande elle aussi si elle est indispensable et ce que signifie cet « indispensable ». C’est une question douloureuse et inhérente à toute personne qui risque un enjeu dans sa vie. Edward Bond dit à ses acteurs qu’ils doivent tous se demander chaque jour : « Pourquoi est-ce que je veux être acteur ? ». C’est une interrogation qui s’assimile à celle de Raphaël dans ce roman qui « avait la confuse et dérangeante certitude qu’à elle, il aurait pu l’être » (indispensable). Peut-on être un acteur sans répondre à la question « pourquoi est-ce que je veux être acteur ? », sans trouver dans sa valeur personnelle d’acteur une raison indispensable pour poursuivre dans cette voie ? Je ne crois pas. C’est pourquoi la question que soulève ici Muriel Cerf est extrêmement pertinente. Il faut bien avoir la foi à un moment donné en un acte pour oser le fonder, parce que si quelqu’un d’autre peut le faire aussi bien, voire mieux que moi, alors pourquoi est-ce que je me fatiguerais à risquer un tel enjeu ?

Née en 1970, Marie Bal a eu la chance d’avoir Lino Ventura comme grand-père adoptif. Humour, chaleur humaine, élégance et sens de la comédie en ont nourri sa jeunesse.
Marie Bal écrit dans des revues depuis 2014. Elle est passionnée de théâtre depuis une expérience de sept ans dans une compagnie universitaire.
Participe actuellement à un atelier de théâtre d’art en tant qu’actrice et en écrit la chronique.

Photo de couverture : Stéphane Pietri



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